Pourquoi les CSSI ?

Au plus près de la réalité des habitant·es

À Bruxelles, la précarité touche de plus en plus de foyers et les situations de vie se complexifient — barrières linguistiques, invisibilité administrative, inégalités de toutes sortes. De plus, les services sont saturés et l’offre morcelée.

Face à ces constats, le CSSI s’impose comme un modèle renouvelé de l’offre de l’aide et du soin qui repose sur un usage plus intégré de tous les moyens disponibles. Il s’agit de pouvoir offrir un service de base à l’ensemble de la population bruxelloise tout en atteignant les personnes les plus éloignées de l’aide et du soin. Une attention particulière est portée à l’accessibilité de ces lieux : pas de condition de revenus, pas de statut administratif requis, des horaires élargis pour s’adapter aux réalités de vie, une proximité géographique réelle.

L’idée est simple : réunir le social et la santé, sans rupture, sans case à cocher, sans porte qui se ferme.

Plutôt que d’orienter les personnes d’un service à l’autre, il est nécessaire de créer des espaces continus d’accompagnement. C’est le rôle que jouent les CSSI : un lieu où l’on peut passer facilement d’un service à l’autre, où l’on ne doit pas tout réexpliquer, où l’on peut se sentir en sécurité.

Les CSSI ne remplacent pas les autres structures: maisons médicales, services sociaux, services de santé mentale. Ils les complètent, là où la densité de besoins le justifie. Parce qu’une diversité de besoins appelle une diversité de réponses.

Au plus près de la réalité des habitant·es

Au sein des CSSI, médecins, travailleurs sociaux, psychologues et autres professionnels collaborent. Cette interdisciplinarité interne se prolonge vers l’extérieur, dans un réseau dense de partenaires publics et associatifs ancrés sur le même territoire.

Ce maillage permet d’éviter les angles morts : une situation qui déborde d’un cadre trouve une réponse dans un autre, sans que la personne ait à tout recommencer de zéro.

Des laboratoires du changement

Les CSSI sont aussi des espaces d’expérimentation. Face à des besoins que les dispositifs classiques ne couvrent pas, ils inventent, testent, ajustent… et partagent ce qui fonctionne. Ce que l’on apprend dans un quartier peut inspirer la réponse à donner dans un autre.

Un modèle pensé dès 2005

Ce modèle de structure est déjà pensé dès 2005 par des membres de non-marchand bruxellois et s’inspire de pratiques de structures multi-services déjà existantes (Entr’Aide des Marolles, la Free Clinic, Marconi, …). C’est en 2015, via l’opportunité d’un financement Feder que Médecins du monde lance le projet de deux nouvelles structures qui deviendront des CSSI : Goujonissimo et Ribaucare. La reconnaissance officielle de ces centres arrivera avec la naissance de l’agrément Centre Social Santé Intégré (CSSI) repris dans la version modifiée du décret ambulatoire et de l’ordonnance première ligne. Ces textes ont été revus dans le cadre du Plan Social Santé Intégré (PSSI)[1] finalisé en 2022 par la Cocof et la Cocom.

Les CSSI ont une plus-value à différents niveaux :

1

Pour les bénéficiaires

Accueil bas-seuil et prise en charge globale.
Lieux communautaires et différentes portes d’entrée possibles.

Ancrage territorial, avec une orientation vers un dossier unique pour éviter la dispersion des services.

2

Pour les travailleurs

Qualité de vie au travail avec un environnement réfléchi pour le bien-être des professionnels.
Mutualisation des moyens et intelligence collective au sein des équipes.

Une approche de travail intégrée et interdisciplinaire qui valorise la collaboration.

3

Pour le quartier et le réseau

Lieux de référence accessibles et accueillants.

Acteurs connus du réseau local, favorisant les partenariats associatifs et publics.

Regroupement d’activités, avec un impact positif sur le territoire et la dynamique locale.